Bien décidé à donner un nouveau départ a leur franchise Wii, Ubisoft réinvente Red Steel. C'est à la Fnac Odeon que les gens d'Ubi ont bien voulu nous dévoiler leur nouveau bébé, Wii motion plus en main. Nouveau moteur, nouveau gameplay, nouveau contexte, nouvelle technologie... Nouveau four? Hahaha ! Le temps nous le dira surement, mais Red Steel 2 est bien parti pour effacer l'ardoise, et repartir sur de bonnes valeurs, saines et morales.
Exit l'ambiance asiatique stéréotypée du premier Red Steel, le second opus nous emmène dans un délire " Retro Kung Fu Spaghetti ". Pour faire simple, un type féroce rentre au bercail pour n'y trouver qu'une bande de sbires, à la solde d'un mec assez taré pour taper sur les nerfs d'un héros de jeux vidéo 16+. On appréciera, ou pas, l'ambiance " Walking Tall " de la ligne directrice, le charisme de The Rock en moins. Remarquez, on y perd pas au change, vu que notre héros p
rofite d'un chara-design assez classieux, malgré le peu d'identité qu'il peut avoir. Mais point besoin d'immersion pour Red Steel 2, ce n'est clairement pas l'objectif des studios d'Ubisoft de nous faire vivre une histoire incroyable, à l'écriture soignée. En témoignent les dialogues version française, qui donnent l'impression de mater un Mozinor, et pas le meilleur...
Certains sbires de la team de développement, sur place pour présenter le jeu, se sont eux-même tapés une barre, genre rire jaune, sur la version française...
Le gameplay est bel et bien l'élément qui a été le plus soigné du jeu. Faisant, limite, office de vitrine de luxe au "Wii Motion Plus", Red Steel 2 s'avère être beaucoup plus précis, efficace et jouissif que son ainé.
Pour permettre aux futurs joueurs de dompter la bête, de nombreux tutoriaux sont disponibles dans le dojo. La prise en main risque d'être longue et laborieuse, mais récompensera le joueur, les combats de cet épisodes étant beaucoup plus vivants, et nerveux, qu'auparavant. Après avoir paramétré, au millimètre près, les configs et autres calibrages, le joueur devra apprendre différentes techniques de combat pour occire les "méchants" avec classe et efficacité.
Le dragon, le Tigre, l'Aigle, et autre noms clichés sortis tout droit d'une prod' Kung fu kitsh des années 80 vous attendent, parmi tant d'autres. Le fer de lance du gameplay est bien entendu le combat au Katana, chaque technique a sa place et son rôle dans le gameplay du jeu. Les affrontements ont bien souvent de la gueule, on a pu voir un developpeur faire " The Storm ", attaque tournoyante, pour rincer deux sbires, contrer un troisième avec le reversal " The Tiger ", pour le faire voler vers les cieux avec " The Eagle ". Une fois en l'air il est possible de le " Stormiser " (je me permet), de le plomber avec son six-coups ou de le smasher au sol pour mieux le planter, voir les trois à la suite.
Il s'est ensuite débarrassé d'un sbire au loin avec son gun et blessé au genou le dernier pour le transpercer d'un estoc précis au coeur, pendant qu'il agonisait. Classe.
Le systeme est très simple, plus on est classe (utilisation multiple de techniques en tout genre), plus on gagne du brouzouf. Avec le Grisbi, on s'achète d'autres techniques, améliore les dégâts de ses armes, etc. En gros, le cercle très vicieux du " Plus on est bon, ... et plus on est bon " (Ivan Drago si tu m'entends hahaha).
Red Steel 2 m'a donné la sensation que la série est vraiment maudite. Dans le sens où le premier a été rushé à mort pour que la sortie coïncide avec celle de la Wii, celui-ci fait vraiment " vitrine " pour le Wii motion plus. Comme si le studio que gère cette licence se faisait banane par Nintendo à chaque fois. Le jeu a tout pour être intéressant, la précision de la wiimote a fait un véritable bond en avant mais... La sauce ne prend pas. Pas pour moi, en tout cas. C'est comme s'ils avaient abandonné le background du jeu à mi-chemin pour se concentrer sur le gameplay. Du coup on se retrouve avec un contexte et une ambiance des plus stylée, mais démolie par un doublage immonde. Les missions auxquelles j'ai pu assister ne m'ont pas fait rêver, on est dans le basique le plus pur, limite aux balbutiements du genre. Par exemple, Tamiko, le cachet " asiatique super bien roulée " du jeu s'est fait capturer. Il faut aller la sauver. Aaaaah come on ...
Les PNJ du jeu sont des incapables, comme bien souvent. Genre, il faut aller faire un truc, mais je ne suis pas assez mortel pour le faire, fais-le pour moi, gratos, parce que tu m'aimes bien, que t'es le héros, et que t'as foutu 50 dollars dans le game. Yay ...
Au final, on se retrouve à faire une série de missions au pif, pour des gens qui ne sont pas foutus faire quoi que ce soit d'utile, à par raconter leur vie passionnante. Idem pour les sbires, avec des punch lines qu'on n'osait plus sortir, même dans les années 90. Bref, l'univers du jeu n'est pas brillant. Alors qu'il y a de quoi faire, je veux dire, un western ce n'est pas non plus un film d'auteur. Pas besoin de partir dans du MGS like, ou du Mass Effect, mais non, apparemment le gameplay a barbé tout le budget. En une phrase, comme en cent : aspect physique plaisant et stylé, gameplay évolué et plaisir de jeu, mais aussi profond qu'une flaque d'huile... Qui tâche bien.

Date de sortie : 25/03/2010
Exclusivité Wii
Editeur : Ubisoft
Développeur : Ubisoft
Pegi : 16+