Assassin's Creed... Ma première baffe next gen. Je venais de me chopper la PS3, et je me suis fait littéralement happer par cette ambiance bien moyenâgeuse, dans laquelle je pouvais courir de toits en toits, en éliminant furtivement les archers qui surveillaient la ville. J'ai de bons souvenirs de la traque de mes proies, laquelle passait par des enquêtes sur leurs habitudes, leurs lieux de résidence. À tel point que j'ai fermé les yeux sur pas mal de défauts. J'ai attendu avec impatience Assassin's Creed 2, mais ce dernier est sorti en pleine période charnière de ma carrière de rédacteur amateur. Je lisais les avis positifs qui tombaient à foison et il me tardait de pouvoir enfin le faire...
Changement de décors : direction l'Italie de la Renaissance, dans la peau d'un des descendants d'Altaïr. Une période riche de l'histoire où se côtoient des personnages emblématiques de cette époque : la dynastie des Borgia, Leonard de Vinci... Qui symbolisent à eux seuls le paradoxe de la Renaissance : raffinement dans les arts et l'humanisme, mais aussi dans les meurtres. Beaucoup moins effacé que son ancêtre, Ezio Auditore da Firenze est la caricature du rital, avec sa grande gueule, ses insultes lancées complètement au pif : j'aime ! Apparemment insouciant et heureux, Ezio verra son destin b
asculer lors de l'exécution de son père et de ses frères, suite à un complot dont la famille a fait l'objet. Après avoir mis sa mère et sa soeur en sécurité dans la campagne italienne, Ezio revient se venger...
Le personnage gagne pas mal de mouvements, comme la possibilité de nager, Venise oblige, ce qui rend l'exploration des villes toujours aussi géniale. C'est d'ailleurs un de mes points préférés dans la série. La modélisation des bâtiments force le respect, les rues sont chargées de passants qui ne se doutent pas que, du haut des toits, un tueur implacable les observe. Tout comme dans le premier, j'ai adoré explorer le moindre recoins en admirant le paysage. D'autant plus que le jeu s'est paré d'un cycle jour/nuit offrant une magnifique palette de luminosités. Du grand spectacle : respect, j'ai surkiffé !
Concernant le Gameplay, c'est la douche froide, le reproche N°1 que je faisait au premier est toujours là : l'Assassin est invincible ! Pire encore, les ennemis sont devenus moins forts, ne choppent plus et se font berner par la moindre feinte. Se faire rattraper, et acculer par une quinzaine de gardes, ressemble à une vaste plaisanterie : on se met en garde, on attend que ça tape pour faire un reversal et on tue d'un seul coup ; au bout de deux morts, la moitié des gardes qui restent se barrent en courant, pour ne laisser que ceux "au dessus de la moyenne", qui n'ont pas été émus par le reversal, et que l'on doit esquiver pour contre-attaquer. Un petit gadget a fait son apparition : il est maintenant possible de lancer une bombe fumigène, pour gagner du temps et
prendre la fuite, mais il est bien plus amusant de les tuer en un coup, pendant qu'ils se débattent dans le vent.
De même, il est possible de tuer toute une patrouille de 4 gardes en stealh kill ! Hahahaha ! Le temps que les autres gardes réagissent, en voyant leur collègue se faire embrocher sous leur yeux, vous avez le temps de tuer les trois restants ! Ils ont tous 2 de tension : nawak ! Quand on voit ça, toute la pression de se faire repérer retombe, on vit de plus en plus "dangereusement" : la furtivité en passant juste sous le nez des gardes. Quoi ?! Je passe devant eux avec mon épée, et ils s'en foutent ? Encore une idée de génie qui casse l'ambiance : tant que votre niveau de notoriété est à 0, vous pouvez sauter devant eux, faire le parfait abruti, ils ne diront jamais rien ! En les bousculant, ou en tabassant un civil devant eux, ils viendront juste vous dire qu'il faut arrêter ça, en vous poussant méchamment et... C'est tout !
Cette fameuse jauge de notoriété se remplit en commettant des crimes, et je dois bien avouer que je suis resté assez dubitatif lorsque je me suis rendu compte qu'elle augmentait beaucoup plus en butant un ménestrel, qu'un garde. Et que dire du facteur « meurtre en public » qui n'est même pas géré ! Alors, ouiiiii, attention : si vous faites trop de conneries et que la jauge se remplit, les gardes commenceront à se méfier de vous. A mon humble avis, ce devrait être comme ça de base : être constamment sur le qui-vive, à éviter les patrouilles, se fondre dans la foule... Car il existe des milliers de façon de passer incognito ! Au lieu de cela, on se retrouve avec ce système pourri, que l'on peu remettre à 0, en arrachant des affiches, en soudoyant des hérauts (que l'on peu ensuite « pickpocketter » pour récupérer la mise) ou en tuant un officiel (qui spawn dans la foule quand votre niveau de recherche est à 75%). Les idées sont là et elles auraient pu être bien, mais elles n'exercent aucune pression sur le joueur ! On n'est pas sensé être un hors la loi ?
Les développeurs ont mis, à la disposition des joueurs, une cité que l'on peut rénover : l'objectif, attirer du monde pour qu'ils claquent de la thune, et récolter une partie du pactole. Il est vrai que la ville fait peine à voir au début, les gens ont l'air très pauvres et je me voyais déjà faire prospérer
tout cela en investissant. Cet ajout, qui me semblait appréciable mais déjà dispensable m'a très vite déçu. Ok, la ville embellit, mais les pauvres restent pauvres et seules quelques courtisanes viennent se mêler à la populace : vous avez déjà vu cela vous ? Un maire qui s'éclate à rénover sa ville pour attirer des prostituées ? Hahaahahaha ! Non seulement on a très vite fait de rénover l'endroit, mais on finit par même par ne plus se donner la peine de venir récolter l'argent, tant il ne sert quasiment à rien. On achète des armes, alors qu'on est déjà invincible avec celles de base. On achète des éléments d'armure pour augmenter sa barre de vie, histoire d'être encore plus fort et on peut aussi acheter des tableaux, pour embellir sa villa, histoire que notre ville rapporte encore plus de thunes ! Grosso modo, au bout de 5 heures de jeu, on a déjà une black card, et de quoi ne plus avoir à bosser sur 5 générations.
Puisque les développeurs ont fixé des mécaniques de jeu débiles, je me suis fixé moi-même mes propres limites. J'évitais consciencieusement les gardes, en me fondant dans la foule, ou en créant des diversions et, à ce niveau là, le jeu est blindé de possibilités qui reviennent au même. Pourquoi embaucher des courtisanes, ou des guerriers au prix de 150 florins, alors qu'une poignée de 10 pièces jetées dans la foule détournera l'attention de tout le monde ? Toutes les actions que l'on entreprend sont sans faille, on ne se casse jamais la tête, c'est comme allumer la lumière
pour aller aux toilettes, on le fait au réveil, complètement claqué par la soirée de la veille et sans réfléchir.
Que dire des missions, de la trame principale, complètement téléguidées ? Tout l'aspect investigation a disparu. On prend de temps en temps un mec en filature, on repère sa proie, on la bute et c'est terminé. C'est triste à dire, mais les missions annexes d'assassinat sont beaucoup plus stylées et encore, on est trèèèèèèèès loin d'un bon vieux Hitman en termes de possibilités. On tombe toujours sur sa cible complètement au pif, en ayant pour seul indice le quartier où il traîne.
Assassin's Creed 2 est un pot pourris d'idées qui auraient pu être bonnes, si elles avaient été appliquées avec un minimum de logique et d'équilibrage : par exemple, on a les déplacements d'un assassin et les méthodes de combats d'un "boucher délicat" invincible ! Dommage que certains atouts du premier aient giclé du second, soit disant pour le rendre moins redondant (un exemple pour illustrer ???). Bref, Assassin's Creed 2 m'a éclaté sur l'aspect exploration, et c'est ce point qui le hisse au dessus de la moyenne. Code 47 ! Reviens vite, je t'en supplie...
Note finale : 6/10
Existe aussi sur Xbox 360
Editeur : Ubisoft
Développeur : Ubisoft
Pegi : 18+